17.3.13

HABEMUS PAPAM !

"Un nouveau pape est appelé à régner... Araignée... Quel drôle de nom pour un pape ! Pourquoi pas libellule ou papillon ?" questionnait Jacques Prévert.
Mais non, comme toute star du showbiz qui se respecte, il a pris un pseudo : François. Et un surnom : le pape normal qui se préoccupe des pauvres.
En bon mécréant, je me suis donc passionné pour l'élection au troisème tour du souverain de la chrétienté. Avais-je le choix ? Pas vraiment, car dans ce que je pensais être une république laïque, aux relations bien cadrées depuis 1905 avec les différents dieux du catalogue, on en a bouffé des prime time et des directs, au 7 h, au 13 h et au 20 heures de toutes les chaînes... Y compris les chaînes publiques. Une mise en scène au quart de poil, du grand spectacle pour faire rêver les naïfs.
Fumée noire, fumée noire, fumée blanche : élection dans un fauteuil, pour celui qui se réclame de François d'Assise. Logique.
Son souci des pauvres ? Une posture, une scène de la Divine comédie. En témoinge son rejet catégorique de l'avortement et même de la contraception. Et l'on sait bien que ce sont justement les petites gens qui sont contraintes d'y avoir recours... En témoigne sa minuscule opposition sous la dictature argentine...
Vivre modestement ne signifie pas lutter contre la pauvreté. Dénoncer le capitalisme tout en refusant son soutien aux militants anticapitalistes est d'un parfait cynisme. Il serait Ministre de l'Intérieur (et des cultes), sûr qu'il enverrait les CRS contre les manifestants.
L'Eglise ayant toujours été du côté des possédants, prétendre en direct du Vatican qu'elle doit désormais être pauvre au service des pauvres est une fumisterie. Ou alors, il se passe quelque chose qui m'aurait échappé depuis mes lointaines années de catéchisme. 
Allons, un Pape normal, qui va s'attaquer à la finance au profit des humbles ? On m'a déjà fait le coup. Et les miracles, je n'y crois pas.
Dans les semaines à venir, nous ferons sans doute plus amples connaissances avec ce Monseigneur à la prière cardinale : "Au nom du pèse, du fric et du bénéfice... Amène !"
(Je sais, celle-là, elle est facile, mais je l'adore depuis que j'ai une dizaine d'années, alors je la recycle de temps en temps). 

27.2.13

LABORIEUSE GESTATION

Après neuf mois d'attente, il est légitime de prendre des nouvelles du bébé, non ? Si.
Remarquez que j'ai été patient, histoire de ne pas tirer à boulets rouges (forcément) sur la nouvelle majorité sans lui laisser une chance de réussir.
Donc, de quoi a donc accouché la montagne socialiste, qui souvenons-nous, a les mains archi-libres pour bosser : Président de la République, Gouvernement sans cocos (ce qui doit rassurer la finance), Majorité absolue à l'Assemblée pour voter les lois qui iraient bien et, surtout, un soutien quasi inconditionnel du peuple de Fance pour mettre en oeuvre le "changement, c'est maintenant" tant Sarkozy l'avait fait souffrir ?
Réponse : d'une souris ! et encore, d'un sourcideau, tant sont minuscules les avancées et encore longues à venir les véritables mesures pour changer la vie.
Usons donc notre droit d'inventaire. A la Prévert, bien sûr !
La loi contre les licenciements boursiers ? Oubliée.
L'arrêt des fermetures d'usines ? Si quelqu'un voit autre chose que les gesticulations de Montebourg, qu'il me fasse signe.
La hausse des salaires ? Pour les patrons du CAC 40 ça continue d'aller bien, pour les autres... vérifier votre bulletin de paye.
Revalorisation du SMIC ? les concernés ont grassement été augmentés de 7 centimes de l'heure.
Réduction du chômage ? Les chiffres viennent de tomber : + 40.000 à pointer le mois dernier. Record battu depuis 15 ans !!!
droit de vote des étrangers ? Repoussé aux calendes grecques, parce que les Français n'y seraient pas favorables, or année après année, les sondages disent l'exact contraire.
Réforme des rythmes scolaires ? Visez le capharnaüm d'un projet mal ficelé, troussé à la va comme je te pousse... Or, le sujet est essentiel et mérite mieux que ça.

Allez, on continue à se faire du mal ? Droit au logement ? Priorité Jeunesse ? avec les annonces récentes on frise le ridicule.

Eh ! Oh ! Blocier ? Il n'y aurait pas des choses qui auraient avancé ? Si, mais si peu.
Mariage pour tous ? Bon boulot du ministre et de la majorité de gauche à l'Assemblée.
Augmentation des tranches d'imposition pour les plus riches ? Ça avance doucement, mais bon...
Droit à la santé ? Timides propositions çà et là. Soyons magnanimes et donnons encore du temps...
Loi contre le cumul des mandats ? Ça cause, ça cause, mais ça bloque devant l'hostilité des cadors du PS comme de l'UMP, d'ailleurs.

Et comme, décidément, bon prince, je vais en rester là pour ce retour en blogosphère... Mais soyez certains que je ne vais rien lâcher ! Il y a tellement de sujets à se mettre sous la dent, tant au niveau national qu'au plan local, qu'on va bien se marrer dans l'année qui vient. Ou, au contraire, bien pleurer.
Rassurez-vous, chers lecteurs internautes, j'ai toujours autant la niaque pour lutter contre la droite et son extrême. Ils y auront droit aussi.

Alors ? Donneur de leçons le Blocier 2013 ? Et pourquoi pas !

26.3.12

Sarkozy, la girouette majuscule !

Notre pauvre Président est aux abois. Fini le yacht de Bolloré, le Titanic UMP prend eau de toute part. Alors, tel un naufragé du Radeau de la Méduse, le voici qui cherche désespéremment à se raccrocher au plus petit espoir de survie. Quitte à dire tout et son contraire !
Voici quelques exemples, chacun peut faire son propre complément.
Jadis, Sarkozy promettait le bouclier fiscal pour éviter l'exil de ses amis rupins, aujourd'hui il veut les taxer !
Jadis il créait toutes sortes de niches fiscales pour que les entreprises échappent à la moindre des solidarités républicaine : payer l'impôt, aujourd'hui il prétend ponctionner le CAC 40 !
Jadis, la Taxe Tobin (sur les transaction financières) était à vomir, aujourd'hui il l'exige, même si la France est la seule dans ce cas !
Jadis, il défendait mordicus que le traité de Schengen nous "protégeait" de l'immigration clandestine, aujourd'hui il l'accuse d'en être responsable !
Jadis, le vote des étrangers lui semblait une avancée citoyenne, aujourd'hui c'est un non sens !
Jadis, les communistes étaient des vampires, le couteau toujours entre les dents, aujourd'hui ils sont des rêveurs, naïfs et nostalgiques !
Jadis, le Traité Européen portait l'espoir du renouveau du continent, les électeurs du NON lui étaient insupportables, aujourd'hui, il nous drague sans honte !
Jadis, les réferendums étaient un obstacle pour faire avancer le pays, aujourd'hui il en promet sur tout et n'importe quoi (sauf sur l'essentiel, bien entendu) !
Si tout va bien, dans un mois, on pourra effectivement parler de Sarkozy au passé. Ça nous fera un bien fou !
On dit que ce n'est pas la girouette qui change de sens, mais le vent... Il ferait bien de se méfier, notre Président, car effectivement le vent tourne. Il est porté par une espérance profonde qu'un autre monde est possible, que l'Humain prime enfin sur la course au pognon.
Petite brise il y a quelques mois, le vent de la révolte c'est renforcé, il porte avec femeté son candidat : Jean-Luc Mélenchon.

17.3.12

LA GROSSE RECUP'

Les commentateurs politiques (qui se prennent un peu trop souvent pour notre conscience) avaient décrété que le tour était joué d'avance : le débat ne devait porter que sur les recettes pour accommoder l'austérité, et il n'y aurait que deux candidats "crédibles", brutal et arrogant pour l'un, timoré et modeste pour l'autre...
Mais voici que dans ce jeu de quilles bien propret, surgit un chien fou qui dégomme tout ce bel ordonnancement : Jean-Luc Mélenchon, porté par le Front de gauche !
Ce qu'on appelle, parfois avec condescendance et mépris, le "bons sens populaire" commence à mieux cerner qui est vraiment du côté des humbles, des salariés, des humanistes et de tous ceux qui croient plus en l'Homme qu'en la main invisible du capital. Les idées et des valeurs du Front de gauche font mouche, car elles collent à ce à quoi les gens aspirent. A tel point que la grosse récupération tous azimuts est lancée.
Hollande : tout d'abord hostile au retour de la retraite à 60 ans (au nom d'un pseudo réalisme économique) fait un pas en se disant d'accord pour 60 ans à ceux qui ont les années de cotisations... C'est un bon début, mais peut mieux faire.
Sarkozy, pourtant connu comme le président des riches et dont le comité de soutien et le carnet d'adresses sont bourrés de fuyards fiscaux, promet lundi dernier qu'il les taxerait désormais comme s'ils habitaient en France... C'est pas possible, ce type lit l'Humanité, qui titrait en gros trois jours avant une déclaration de Mélenchon "On va vous faire payer" !
Le pire c'est quand l'agence Reuter's (une des officines où se fournissent en infos les journalistes qui n'ont pas le temps d'enquêter enx-mêmes) affirme que d'après un sondage IFOP, 70 % des Français se disent favorables à cette mesure (taxation des évadés fiscaux) annoncée par SArkozy lundi soir... Alors que le sondage questionnait expressément "êtes-vous d'accord avec la proposition de JL Mélenchon de taxer... etc".
Hollande, de nouveau, qui propose de faire supprimer la notion de race de la constitution. Bien belle idée à laquelle je souscris, mais qui vient du député communiste Michel Vaxès. C'était il y a dix ans déjà !
La moindre des honnêteté serait d'avouer où l'on puise les bonnes idées.

On le voit tous les jours : les propostions qui replacent l'humain au coeur de la réflexion politique reprennent du poil de la bête. C'est bien pourquoi, je nous invite les uns et les autres à ne rien lâcher sur les valeurs. Car, visiblement, plus notre voix est forte et la montée dans les sondagfes inexorable, plus les autres candidats sont obligés d'en tenir compte.
Emploi, pouvoir d'achat, logement, santé, éducation, culture, environnement, pacifisme... Il y a tant de bastilles à reprendre...
Pour y parvenir, le 22 avril, un seul choix possible : Jean-Luc Mélenchon.