8.6.13

Les idées d'extrême droite ont encore tué !



Clément Méric avait 19 ans.
Il est mort, roué de coups par un groupe de fascistes.
Si les coupables directs sont, certes, des individus qui devront répondre de leurs actes, en réalité, à notre niveau, nous sommes tous responsables de ce drame.
Tous ?
Eh bien oui : tous !
Je commencerais par les médias, évidemment, qui passent un temps considérable à dédiaboliser le Front National et rendre banales et anodines leurs idées d’exclusion et de haine. Comme si toutes les idées se valaient !
Ensuite, il y a les politiciens.
Ceux de Droite qui font mine de s’offusquer qu’on les associe au FN, et pourtant… qui instille les thèses les plus réactionnaires : anti mariage gay, islamophobes, anti pauvres, xénophobes ? Qui a créé un ministère de l’identité nationale ? Qui s’acharne contre le droit à l’avortement ? Qui revendique le retour de la peine de mort ? FN et UMP n’ont pas la même carte dans la poche, mais ils sont bel et bien les deux faces d’une même idée.
Ceux du Parti Socialiste. Pour avoir instrumentalisé le FN déjà du temps de Mitterrand (après des années de dénégations, les artisans de cette mise en avant de l’extrême droite l’avouent enfin !). Le PS qui semblent avoir réalisé de troublantes tractations dans le Vaucluse, laissant élire la petite Le Pen contre un siège de député PS ailleurs.
Et aujourd’hui, voir Manuel Valls pérorer au journal de 20 h que l’extrême droite est dangereuse, quand on sait comment il traite les Roms, les gens du voyage, les pauvres et les syndicalistes… Ses propos font le lit de tarés assassins qui, au bout d’un moment, croient que l’exclusion est un mode de pensée « normal ». 
Parfois même, ce sont les habitants des villes voisines que l’on considère comme des envahisseurs à refouler aux frontières du territoire local.
J’en ai tout autant au service de mes amis, et de moi-même parfois, de laisser dire dans les repas de familles, les pires débilités sur les races, sur les différences, sur la « morale », sur les fonctionnaires… au nom de je ne sais quelle « liberté d’expression », ou encore que « il n’y a pas de fumée sans feu », ou encore « ce peuple est ceci, cette catégorie sociale est cela », ou encore « laisse-le dire, c’est un con »… Ou encore, qui n’a pas reçu via Internet ce genre de stupidités sans réagir ?.. N’empêche, tout ça se dit, s’écrit, se pense. Et conduit parfois à la mort.

Car la violence des gens d’extrême droite est toujours tournée contre des êtres humains, parce qu’ils sont différents : juifs, arabes, noirs, homosexuels, roms, communistes, etc. Jamais contre le système et ses symboles. Le Capital sait bien diviser pour régner. Et ça durera tant qu'il y aura des médias et des politiciens collabos.
Les stratégies politiques qui valident les thèses d’exclusion, tout comme nos petites lâchetés quotidiennes, conduisent à ne plus 
« faire société » et à légitimer le chacun pour soi, le repli et l’exclusion. 
Relisons « Matin brun » un tout petit bouquin qui montre comment d’une lâcheté à un renoncement, on en arrive à la mort d’un jeune type.
Il est grand temps que l’on se reprenne collectivement. Que l’on surveille notre langage, que l’on surveille le langage des autres, que nos attitudes soient conformes aux valeurs humaines que nous sommes censés défendre.


26.5.13

Victimes de la mode !

Le monde ne tourne pas rond.
Ici, dans notre occident auquel nous sommes si fiers d'appartenir, être victime de la mode (écrire plutôt fashion victime pour être dans le coup), c'est dépenser sans compter pour ce qui est de plus neuf, de plus tendance, de plus à la mode...
Et il n'y a pas que chez les bourgeoises bon chic bon genre que la maladie fait rage. Chez les petits aussi on traque l'article nouveau, le tee-shirt qui saura nous mettre en valeur, le pantalon bien coupé ou le polo qu'il faut à tous prix porter cet été.

Après avoir détruit totalement notre industrie textile, les grands propriétaires des filatures et les marchands de vêtements sont toujours là, eux, et vendent encore et encore. Ils courent le monde à la recherche des coûts de production le plus bas possible.
Le Bangladesh est devenu le deuxième pays exportateur de textile, juste derrière la Chine et son milliard et demi d'habitants. Les gens y sont exploités comme on n'imagine pas, des journées de 10 à 14 heures de travail, six jours sur sept minimum, le tout pour des salaires de misère qui ne leur permettent pas de vivre décemment de leur labeur. de leur esclavage ?
Comble du cynisme, les immeubles sont édifiés en dehors de toutes normes de sécurité et parfois s'écroulent. plus de 1.200 morts dans l'effondrement du Rana Plazza, près de Dakha. Et je n'évoque pas la pollution due aux produits chimiques déversés après usage dans les ateliers du cuir, et des nombreuses maladies graves qu'ils entraînent... Je ne parle pas non plus des compresseurs haute densité qui vieillissent nos jean artificiellement, tout en perforant les poumons des pauvres gars qui respirent et avalent en permanence des particules abrasives.
On rogne sur tout : la sécurité, l'hygiène, les salaires... Pas sur les dividendes.
La mode à petit prix coûte cher en vies humaines et nous avons tous un peu de ce sang sur nos vêtements. Et pas seulement ceux de Monoprix, Carrefour, Leclerc et autres enseignes à coûts relativement abordables... Car H et M, Benetton, Zara, et consors font sortir leurs collections de ces ateliers de la honte. Pendant ce temps, leurs cours de bourses sautent au plafond.
C'est aussi ça le capitalisme.
Il y a quelques années, un scandale sur la fabrication de ballons de foot d'une grande marque "respectable", mais usinés par des enfants, avait contraint à créer un label favorisant l'achat éthique. Les marques signataires s'interdisaient, notamment, d'utiliser des enfants pour fabriquer ballons et chaussures...
Après le drame de ces dernières semaines, les marques incriminées, celles qu'on appelle les "donneurs d'ordres", rejettent la responsabilité sur les intermédiaires et les entreprises sur place... Entendez ça, les amis : ces gros businessmen ne seraient pas au courant ! Pourtant, eux, si prompts à afficher des comptes d'exploitation, à expliquer pourquoi la baisse du coût du travail ici servirait l'économie nationale... Bref, des experts, ne se seraient jamais étonné de trouver sur le marché des vêtements à 3 euros pièces, livrés en France ?!!!

Refusons les bonus incroyables que s'octroient les actionnaires, afin de pouvoir accepter de payer convenablement le prix du travail des autres.
C'est vraiment une autre façon de penser le monde et la place des hommes dans la société qu'il faut réinventer.
Pour qu'il n'y ait plus d'autres victimes de la mode.
Des victimes dont la chair et le sang nous éclabousseront pour longtemps si l'on continue de laisser faire le "marché".

16.5.13

Y'en a marre d'avoir raison !

Depuis combien de temps, avec mes amis du Front de gauche notamment, dis-je tout le mal que je pense des politiques d'austérité ?
Pourtant, je ne suis pas économiste... Simplement un citoyen qui se préoccupe de l'évolution de la société, un citoyen qui observe les dégâts de ce qui se passe ailleurs, un citoyen qui écoute, lit et d'informe ailleurs que dans les grandes messes du 20 heures, pour ne plus gober ce que les médias nous servent.
Malgré les accrocs à mon amour propre, j'aurais aimé m'être trompé, j'aurais préféré que les amis socialistes aient eu raison et que leurs moyens pour lutter contre la crise soient efficaces...
Mais non ! C'est tout le contraire qui se déroule devant les yeux ébahis des électeurs de François Hollande. Dont moi.

Pour dire la vérité, je n'avais pas un gros stock de confiance. Je savais bien que ce serait compliqué (et pas seulement à cause du bilan désastreux du sarkozisme), tant il n'est pas dans la nature du PS de chahuter l'ordre établi.
Au prétexte du "sérieux budgétaire", argument développé sans rire par le gouvernement, on laisse à penser que, tout compte fait, les thèses de la droite étaient valable. La preuve ?
Hollande promettait de ne pas signer le pacte européen... il le signe ! Emmanuelli (classé à gauche du PS) tonitruait sur le scandale que serait le recul de l'âge de la retraite... Aujourd'hui, il chante que, puisqu'on vit plus vieux, etc ! Montebourg gagnait ses 17 % à la primaire socialiste sur la promesse qu'aucune entreprise ne fermerait... voyez Fralib, Florange, Métaleurop, Goodyear, ¨Peugeot et aujourd'hui Doux et bien d'autres! La finance était l'ennemie... Les banques et les actionnaires sont surprotégés ! On devait lutter contre les licenciements boursiers... On vote l'ANI, la loi dictée mot par mot par le patronat !
Je continue ? Pas la peine !

Que ce soit difficile, dans le contexte de crise internationale, on peut l'admettre. Mais que l'on utilise les mêmes mots, les mêmes méthodes, pour les mêmes résultats que la droite, non !

Et l'on voudrait que l'on reste sage, que l'on accepte son triste sort sans broncher, sans exprimer sa colère, bref que l'on ne s'énerve pas (sinon, on file en taule, Manuel Valls y veillera)... Et l'on ne supporte pas que des responsables politiques haussent le ton...
Au lieu de critiquer la façon de parler et les diatribes de Mélenchon, tentons au moins d'écouter son analyse et ce qu'il propose. 
Mais pour ça, il faut se mettre dans le crâne, une bonne fois pour toute, qu'il ne suffit pas de peindre en rose le capitalisme pour l'humaniser. Au contraire, il faut résolument changer de système. Et donc de référentiel de pensée. L'avènement de la VIème République serait déjà un bon début.

10.4.13

L'affaire Cahuzac et la gauche

Voilà un scandale qui tombe à pic ! Il permet de sous-entendre que Droite et gauche se serait pareil et qu'en plus, les élus seraient, par principe, sujets à caution. D'où cette débauche de gesticulations pour noyer le poisson à grand coups de "moralisation de la vie politique"...
Cette lamentable affaire m'interpelle, en fait, sur la notion de Gauche.
Car être de gauche, ce n'est pas seulement être honnête et ne pas mentir aux représentants du peuple.
Que des gens de gauche soient riches, la belle affaire ! S'ils sont fait fortune à la force de leur travail et/o de leur talent...
Ce qui est insupportable, ce sont les héritiers, qui n'ont rien fait d'autre que naître... Ce sont les actionnaires et les boursicoteurs, qui espèrent des licenciements pour accroître leur capital.. ce sont ceux qui planquent leur pognon à l'étranger pour échapper à la solidarité nationale... Et qu'ils s'appellent Johnny Halliday, Gérard Depardieu, Jean-marie Le Pen ou Jérôme Cahuzac, c'est du pareil au même.
La liste serait longue et fastidieuse des tous les profiteurs du système. Car c'est bien là qu'il faut trouver l'argent qui manque pour faire fonctionner le pays correctement, pas dans les poches de ceux qui n'ont presque rien. Et tant pis si certains parmisles plus démunis d'entre nous s'arrangent avec les règles, si c'est pour nourrir leur famille.
Souvenons-nous, il y a quelques semaines à peine, éclatait le scandale de la viande de cheval transformée en boeuf. Qu'a-t-on appris à cette occasion ? Que pour accroître les profits, certains se permettaient de mettre n'importe quoi dans les aliments, malgré les étiquetages et les contrôles divers... Puis aussi que des traders,sans jamais avoir vu de près ou de loin ces tonnes de viande, se les ont achetées, vendues, rachetées et revendues... S'octroyant au passage et à chaque fois, de solide marges. Encore une fois l'Argent roi menait la dans, mais c'est le Capitalisme qui organise le bal.
Faire des affaires, quels qu'en soit le prix humain ou environnemental, et gagner encore et toujours plus seraient devenus l'Alpha et l'Omega de notre civilisation !
Le Capitalisme et son corolaire l'Argent roi, est le seul et unique responsable de ces situations ubuesques. Car, contrairement à ce que j'entends notamment du côté de mes amis socialistes, ce ne sont pas des dérives. C'est le système lui-même !
N'en déplaise aux adeptes de la social-démocratie, la gauche ne se limite pas à quelques propositions sociétales, fussent-elles essentielles. C'est bien du côté des rapports de production et de la répartition des richesses qu'il faut creuser. Un exploité et un chômeurs seront toujours à la fois victimes et otages du libéralisme. Et même s'ils soient homos et mariés.
La seule façon durable de permettre aux peuples de s'en sortir est, bel et bien, de rompre avec ce système, de militer pour l'instauration d'une société qui replace l'être humain au ceur de toutes réfléxions politiques, sociales et économiques.Et tous els discours sur la morale et les différents habillages pour rendre plus présentable le liméralisme n'y feront rien.
Margaret Thatcher est morte. Profitons-en pour brûler tout ce qu'elle symbolise !