1.10.13

Un salopard nommé Valls


Je pensais que le rôle du ministre de l’Intérieur était de veiller aux conditions du bien vivre ensemble sur le territoire, dans la sérénité. J’étais à mille lieues d’imaginer que sa fonction était de créer des tensions entre les communautés, d’opposer les uns aux autres…
Selon lui, des personnes n’auraient pas vocation à rester en France, du simple fait d’un style de vie différent du « nôtre », voire d’une origine intrinsèquement incapable d’intégration. J’ignorais qu’il y avait une sorte de norme à respecter !
Ainsi, selon le dogme partagé entre Le Pen et Valls, on peut jeter l’opprobre sur des populations du seul fait de ce qu’ils sont. Les Maliens ou les Portugais ont tendance à se regrouper dans les mêmes villes. J’en connais même qui, après des années sur le territoire, ne parlent toujours pas français. N’est-ce pas la preuve d’une incapacité à s’intégrer ?

Prenons un exemple (au hasard ?) : les Catalans.
Les modes de vie des Catalans sont différents des nôtres.
Ils sont prétentieux au-delà de tout, pensant qu’ils valent mieux que le reste de l’Espagne (raison pour laquelle ils revendiquent leur autonomie).
Ils sont égoïstes (autre raison pour laquelle ils revendiquent leur autonomie).
Ils sont rétrogrades car, malgré les avancées de la science, ils demeurent très superstitieux et dévots.
Ils organisent de grandes processions avec, parfois, des costumes façon Ku Klux Klan.
Ils mettent des décennies pour terminer une cathédrale, ils sont donc fainéants.
Le football les rend fous Comme tous les fanatiques, ils sont dangereux pour la société.
Ils sortent tard le soir, comme tous les rôdeurs en quête d’un sale coup à perpétrer.
Ils cuisinent gras.
Ils parlent fort.
Lorsqu’ils émigrent dans notre beau pays, pourtant si accueillant, ils se regroupent par famille, par village, ouvrent des bars et des boites de nuit « typiques », forment des associations communautaires… Preuve que la majorité d’entre eux ne souhaitent pas s’intégrer à la société française !
Certains affirment avoir quitté l’Espagne pour fuir le franquisme, mais n’on demandé leur naturalisation que 7 ans après la mort de Franco (N’est-ce pas, M. Valls ?). Ils avaient donc vocation à retourner au pays. Ce sont des menteurs.
Bref, poursuivons la logique Valls : les Catalans n’ont pas vocation à rester en France. Manuel Valls est Catalan. Donc, Manuel Valls doit quitter le territoire. CQFD.
Ça, c’est pour l’aspect « ils ne sont pas comme nous ». On dirait du Le Pen pur jus.
Voyez comme c'est facile d'utiliser des dérives individuelles et les ethniciser, afin de « prouver » que tout un peuple mérite d’être rejeté.

De plus, cet étrange ministre exige l’expulsion de ceux qui ne respectent pas nos lois. Pour le coup, je serai plutôt d’accord. J’ai d’ailleurs un dossier à proposer, celui de Manuel Valls.
En effet, voici un type qui refuse d’appliquer la loi et les directives interministérielles. Celle d’août 2012, relative à l’évacuation des camps roms, est foulée au pied sans scrupule et de façon ignoble envers autrui… Tiens, c’est exactement la définition de Salopard.


19.9.13

Stockholm... Version Hollande !



On parle du syndrome de Stockholm lorsque des otages finissent par développer une certaine sympathie, voire une sincère compréhension, avec leurs ravisseurs.
Et c’est bien ce qui arrive au gouvernement français dans son ensemble et au Président Hollande en particulier.
Voici des gens qui pourfendaient les méfaits du capitalisme : argent-roi, repli sur soi, pillage des richesses naturelles, exploitation éhontée des salariés, guerres, inégalités, concurrence entre les peuples, mal logement, chômage…
Mais voilà… A fréquenter de si près et depuis si longtemps les porte-parole du capitalisme, ils ne souhaitent même plus l’éradiquer, mais seulement l’humaniser (sic).
Pire, ils lui trouvent aujourd’hui toutes les excuses, reportent leur rage sur les peuples les plus fragiles, déclarent la mise à mort de la Grèce, subventionnent grassement les patrons et ponctionnent lourdement les petites gens, obéissent au doigt et à l’œil du MEDEF mais n’écoutent pas les gens dans la rue…
Ils bavent devant les grands patrons, mais crachent sur ceux qui défendent leurs droits.
Désormais, pour eux, la seule alternative c’est encore plus de capitalisme. Or, même repeint en rose, le capitalisme n’est pas la solution, c’est le problème.
Et les voici, aujourd’hui, à la tête de l’Etat, à renier une par une les promesses qui les ont amenés au pouvoir. La retraite, la santé, l’emploi, la pression fiscale, l’environnement… Rien ne résiste à leur rouleau compresseur. Pas sûr que Sarkozy aurait fait mieux.
Le grand capital peut dormir sur ses deux oreilles.
Et comme il le fait depuis que le monde est monde, il nous enfume avec des boucs émissaires : des pays indignes (Grèce, Espagne, Portugal…), des peuples nuisibles (hier les Juifs, aujourd’hui les Roms), des politiciens corrompus et/ou immoraux (DSK, Cahuzac), des magouilleurs de haute volée (Madoff aux USA, Kerviel chez nous).

Le Capital prend tout le monde en otage. Ce serait un grand malheur si nous succombions tous au syndrome de Stockholm. Heureusement, comme aux plus sombres heures de l’histoire, il y en a qui résistent et s’organisent. 

5.9.13

Lettre à Anouk.


Que tu es jolie.
Sur cette photo, tu n’as pas une heure et déjà tu nous regardes droit dans les yeux, l’air de demander : quel monde m’avez-vous préparé ?
Je pourrais lâchement profiter de ta provisoire naïveté pour te dire que c’est formidable ; que dès ta sortie de la maternité, tu pourras apprécier la qualité de la ville préservée de toute pollution ; qu’il n’y aura aucun mendiant au premier carrefour venu ; que ta place en crèche est réservée car la société se préoccupe du bien être de tous ; qu’à l’école ce sera merveilleux d’apprendre de belles choses, dans des classes à taille humaine et avec des enseignants bien préparés ; que le racisme est éradiqué ; que la guerre est impossible ; que tout le monde a les moyens de vivre décemment, car les richesses sont équitablement réparties…
Mais bon, tes parents te confirmeront que je suis meilleur pour les romans réalistes que pour les contes de fées. Même si j’y crois encore et toujours.

Après des années et des années passées à militer pour l’édification d’un monde plus juste, je pensais être légitimement en droit de prendre un peu le large… Avec la satisfaction d’avoir fait le nécessaire pour que ta mère et ta tante deviennent les belles personnes qu’elles sont aujourd’hui, je pensais pouvoir passer aux autres le flambeau de la lutte.

Mais te voilà, et tout est bousculé !  Plus question de laisser tomber, il y a un autre monde possible que celui de la barbarie, de l’égoïsme et de la haine. Malgré l’âpreté du combat, je me dois de poursuivre le travail engagé depuis plus de quarante ans. Je te le dois, Anouk ma jolie.

Je veux te voir sourire, je veux te voir heureuse… Je sais que tes parents vont assurer. Mais leur amour ne suffira pas. Pour toi et pour tous les autres enfants, il y a encore besoin que tout le monde se mobilise. Y compris les papys.

8.6.13

Les idées d'extrême droite ont encore tué !



Clément Méric avait 19 ans.
Il est mort, roué de coups par un groupe de fascistes.
Si les coupables directs sont, certes, des individus qui devront répondre de leurs actes, en réalité, à notre niveau, nous sommes tous responsables de ce drame.
Tous ?
Eh bien oui : tous !
Je commencerais par les médias, évidemment, qui passent un temps considérable à dédiaboliser le Front National et rendre banales et anodines leurs idées d’exclusion et de haine. Comme si toutes les idées se valaient !
Ensuite, il y a les politiciens.
Ceux de Droite qui font mine de s’offusquer qu’on les associe au FN, et pourtant… qui instille les thèses les plus réactionnaires : anti mariage gay, islamophobes, anti pauvres, xénophobes ? Qui a créé un ministère de l’identité nationale ? Qui s’acharne contre le droit à l’avortement ? Qui revendique le retour de la peine de mort ? FN et UMP n’ont pas la même carte dans la poche, mais ils sont bel et bien les deux faces d’une même idée.
Ceux du Parti Socialiste. Pour avoir instrumentalisé le FN déjà du temps de Mitterrand (après des années de dénégations, les artisans de cette mise en avant de l’extrême droite l’avouent enfin !). Le PS qui semblent avoir réalisé de troublantes tractations dans le Vaucluse, laissant élire la petite Le Pen contre un siège de député PS ailleurs.
Et aujourd’hui, voir Manuel Valls pérorer au journal de 20 h que l’extrême droite est dangereuse, quand on sait comment il traite les Roms, les gens du voyage, les pauvres et les syndicalistes… Ses propos font le lit de tarés assassins qui, au bout d’un moment, croient que l’exclusion est un mode de pensée « normal ». 
Parfois même, ce sont les habitants des villes voisines que l’on considère comme des envahisseurs à refouler aux frontières du territoire local.
J’en ai tout autant au service de mes amis, et de moi-même parfois, de laisser dire dans les repas de familles, les pires débilités sur les races, sur les différences, sur la « morale », sur les fonctionnaires… au nom de je ne sais quelle « liberté d’expression », ou encore que « il n’y a pas de fumée sans feu », ou encore « ce peuple est ceci, cette catégorie sociale est cela », ou encore « laisse-le dire, c’est un con »… Ou encore, qui n’a pas reçu via Internet ce genre de stupidités sans réagir ?.. N’empêche, tout ça se dit, s’écrit, se pense. Et conduit parfois à la mort.

Car la violence des gens d’extrême droite est toujours tournée contre des êtres humains, parce qu’ils sont différents : juifs, arabes, noirs, homosexuels, roms, communistes, etc. Jamais contre le système et ses symboles. Le Capital sait bien diviser pour régner. Et ça durera tant qu'il y aura des médias et des politiciens collabos.
Les stratégies politiques qui valident les thèses d’exclusion, tout comme nos petites lâchetés quotidiennes, conduisent à ne plus 
« faire société » et à légitimer le chacun pour soi, le repli et l’exclusion. 
Relisons « Matin brun » un tout petit bouquin qui montre comment d’une lâcheté à un renoncement, on en arrive à la mort d’un jeune type.
Il est grand temps que l’on se reprenne collectivement. Que l’on surveille notre langage, que l’on surveille le langage des autres, que nos attitudes soient conformes aux valeurs humaines que nous sommes censés défendre.