9.10.13

Manuel Valls est vraiment un salopard.

En France, on a l’indignation sélective.
On est capable de retarder la construction d’une bibliothèque parce que 2 hirondelles viennent nicher quelques semaines par an au même endroit… Pour édifier un centre commercial, on déplace une marre de plusieurs centaines de mètres pour permettre aux batraciens de patauger en paix… On détourne le tracé d’une autoroute pour protéger une plante devenue rare… Etc. Personne ne trouve à redire des millions ainsi dépensés.
Chaque début d’été, on nous fait pleurer (avec raison) sur les animaux abandonnés sur la route des vacances. Chaque période de noël, on soutient les oies et les canards gavés pour notre égoïste plaisir gourmand… La charte européenne des droits des animaux précise les amendes et les peines de prison que l’on risque si l’on maltraite des animaux. Récemment Michel Drucker s’est élevé contre le sort des chiens dans les rues de Roumanie. Il y a quelques années, en pleine guerre du Kosovo, Brigitte Bardot avait affrété des camions entiers de nourriture pour animaux, alors que des humains mourraient sous les bombes et tout aussi affamés que leurs animaux de compagnie.
Citons un article sur les atteintes aux droits les plus élémentaires des animaux de basse cour : « impossibilité de courir, de jouer, de construire un nid, de prendre soin de leur petit, de se prélasser au soleil, de vivre dans la dignité… » Ne riez pas, tout est vrai !

Les animaux sont bien mieux considérés que les Roms.
Des cabanes de fortunes détruites à coup de bulldozer, des centaines de familles jetées sur les routes après avoir tout perdu, des enfants qui n’iront plus à l’école et ne seront plus suivis médicalement… tout ça ne semble pas indigner la majorité des Français.
Entendue dimanche dernier sur le marché, une femme venue se plaindre que les poubelles des immeubles étaient sorties dès le samedi… Alors, avec tous ces Roms qui viennent fouiller dedans ! Ce qui ennuyait la dame n’était pas que des êtres humains soient contraints de faire les poubelles, mais que c’était pas propre dans sa rue !
Il faut voir comment les groupes chassés ici, se regroupent là. On les voit sur les endroits délaissés, au bord des routes, dans les interstices des grands échangeurs autoroutiers, là où sa pue, là où ça pollue, la où il est dangereux de poser un pied… Leurs baraques de bric et de broc nous font horreur. Ils mendient, ils récupèrent. L’hiver, ils se serrent pour avoir moins froid. Ils mangent quant ils peuvent. Alors que des milliards circulent, on ne saurait pas « intégrer » quelques milliers de citoyens européens ? Quand ils jouent du violon, c’est folklorique, sympathique. On les appelle d’ailleurs les Tziganes, c’est tellement plus romantique. Mais quand il s’agit de faire peur dans les chaumières, de trouver un bouc émissaire à tous nos maux, on les appelle les Roms. Ce sont les mêmes, mais selon comment vous souhaitez les instrumentaliser, ils changent de nom.
Heureusement, Manuel Valls est là pour nous rappeler que ces humains-là valent moins que son caniche.
Jadis, on parlait des bidonvilles comme un échec de la société. Aujourd’hui, on dit « campements illégaux », ce qui ramène à la criminalisation de la pauvreté. Comme si les bidonvilles étaient légaux !
Un projet de loi vient de tomber : interdiction de mendier avec des enfants ! Savent-ils, ces beaux penseurs, que les mères nourrissent au sein le plus longtemps possible leurs enfants, afin de s’assurer de la qualité nutritive et sanitaire ? Non, bien sûr. Une petite chatte qui allaite, c’est touchant. Une femme rom, c’est insupportable.
Selon une formule populaire « Quand on n’aime pas les animaux, on n’aime pas les hommes »… Mais quand on n’aime pas les hommes à cause de leur couleur, de leur origine, de leur mode de vie… J’ai tendance à penser qu’on ne s’aime pas soi-même.

Rassurons-nous, Je pense que Manuel Valls aime les animaux.  Comme les nazis aimaient leurs chiens.

1.10.13

Un salopard nommé Valls


Je pensais que le rôle du ministre de l’Intérieur était de veiller aux conditions du bien vivre ensemble sur le territoire, dans la sérénité. J’étais à mille lieues d’imaginer que sa fonction était de créer des tensions entre les communautés, d’opposer les uns aux autres…
Selon lui, des personnes n’auraient pas vocation à rester en France, du simple fait d’un style de vie différent du « nôtre », voire d’une origine intrinsèquement incapable d’intégration. J’ignorais qu’il y avait une sorte de norme à respecter !
Ainsi, selon le dogme partagé entre Le Pen et Valls, on peut jeter l’opprobre sur des populations du seul fait de ce qu’ils sont. Les Maliens ou les Portugais ont tendance à se regrouper dans les mêmes villes. J’en connais même qui, après des années sur le territoire, ne parlent toujours pas français. N’est-ce pas la preuve d’une incapacité à s’intégrer ?

Prenons un exemple (au hasard ?) : les Catalans.
Les modes de vie des Catalans sont différents des nôtres.
Ils sont prétentieux au-delà de tout, pensant qu’ils valent mieux que le reste de l’Espagne (raison pour laquelle ils revendiquent leur autonomie).
Ils sont égoïstes (autre raison pour laquelle ils revendiquent leur autonomie).
Ils sont rétrogrades car, malgré les avancées de la science, ils demeurent très superstitieux et dévots.
Ils organisent de grandes processions avec, parfois, des costumes façon Ku Klux Klan.
Ils mettent des décennies pour terminer une cathédrale, ils sont donc fainéants.
Le football les rend fous Comme tous les fanatiques, ils sont dangereux pour la société.
Ils sortent tard le soir, comme tous les rôdeurs en quête d’un sale coup à perpétrer.
Ils cuisinent gras.
Ils parlent fort.
Lorsqu’ils émigrent dans notre beau pays, pourtant si accueillant, ils se regroupent par famille, par village, ouvrent des bars et des boites de nuit « typiques », forment des associations communautaires… Preuve que la majorité d’entre eux ne souhaitent pas s’intégrer à la société française !
Certains affirment avoir quitté l’Espagne pour fuir le franquisme, mais n’on demandé leur naturalisation que 7 ans après la mort de Franco (N’est-ce pas, M. Valls ?). Ils avaient donc vocation à retourner au pays. Ce sont des menteurs.
Bref, poursuivons la logique Valls : les Catalans n’ont pas vocation à rester en France. Manuel Valls est Catalan. Donc, Manuel Valls doit quitter le territoire. CQFD.
Ça, c’est pour l’aspect « ils ne sont pas comme nous ». On dirait du Le Pen pur jus.
Voyez comme c'est facile d'utiliser des dérives individuelles et les ethniciser, afin de « prouver » que tout un peuple mérite d’être rejeté.

De plus, cet étrange ministre exige l’expulsion de ceux qui ne respectent pas nos lois. Pour le coup, je serai plutôt d’accord. J’ai d’ailleurs un dossier à proposer, celui de Manuel Valls.
En effet, voici un type qui refuse d’appliquer la loi et les directives interministérielles. Celle d’août 2012, relative à l’évacuation des camps roms, est foulée au pied sans scrupule et de façon ignoble envers autrui… Tiens, c’est exactement la définition de Salopard.


19.9.13

Stockholm... Version Hollande !



On parle du syndrome de Stockholm lorsque des otages finissent par développer une certaine sympathie, voire une sincère compréhension, avec leurs ravisseurs.
Et c’est bien ce qui arrive au gouvernement français dans son ensemble et au Président Hollande en particulier.
Voici des gens qui pourfendaient les méfaits du capitalisme : argent-roi, repli sur soi, pillage des richesses naturelles, exploitation éhontée des salariés, guerres, inégalités, concurrence entre les peuples, mal logement, chômage…
Mais voilà… A fréquenter de si près et depuis si longtemps les porte-parole du capitalisme, ils ne souhaitent même plus l’éradiquer, mais seulement l’humaniser (sic).
Pire, ils lui trouvent aujourd’hui toutes les excuses, reportent leur rage sur les peuples les plus fragiles, déclarent la mise à mort de la Grèce, subventionnent grassement les patrons et ponctionnent lourdement les petites gens, obéissent au doigt et à l’œil du MEDEF mais n’écoutent pas les gens dans la rue…
Ils bavent devant les grands patrons, mais crachent sur ceux qui défendent leurs droits.
Désormais, pour eux, la seule alternative c’est encore plus de capitalisme. Or, même repeint en rose, le capitalisme n’est pas la solution, c’est le problème.
Et les voici, aujourd’hui, à la tête de l’Etat, à renier une par une les promesses qui les ont amenés au pouvoir. La retraite, la santé, l’emploi, la pression fiscale, l’environnement… Rien ne résiste à leur rouleau compresseur. Pas sûr que Sarkozy aurait fait mieux.
Le grand capital peut dormir sur ses deux oreilles.
Et comme il le fait depuis que le monde est monde, il nous enfume avec des boucs émissaires : des pays indignes (Grèce, Espagne, Portugal…), des peuples nuisibles (hier les Juifs, aujourd’hui les Roms), des politiciens corrompus et/ou immoraux (DSK, Cahuzac), des magouilleurs de haute volée (Madoff aux USA, Kerviel chez nous).

Le Capital prend tout le monde en otage. Ce serait un grand malheur si nous succombions tous au syndrome de Stockholm. Heureusement, comme aux plus sombres heures de l’histoire, il y en a qui résistent et s’organisent. 

5.9.13

Lettre à Anouk.


Que tu es jolie.
Sur cette photo, tu n’as pas une heure et déjà tu nous regardes droit dans les yeux, l’air de demander : quel monde m’avez-vous préparé ?
Je pourrais lâchement profiter de ta provisoire naïveté pour te dire que c’est formidable ; que dès ta sortie de la maternité, tu pourras apprécier la qualité de la ville préservée de toute pollution ; qu’il n’y aura aucun mendiant au premier carrefour venu ; que ta place en crèche est réservée car la société se préoccupe du bien être de tous ; qu’à l’école ce sera merveilleux d’apprendre de belles choses, dans des classes à taille humaine et avec des enseignants bien préparés ; que le racisme est éradiqué ; que la guerre est impossible ; que tout le monde a les moyens de vivre décemment, car les richesses sont équitablement réparties…
Mais bon, tes parents te confirmeront que je suis meilleur pour les romans réalistes que pour les contes de fées. Même si j’y crois encore et toujours.

Après des années et des années passées à militer pour l’édification d’un monde plus juste, je pensais être légitimement en droit de prendre un peu le large… Avec la satisfaction d’avoir fait le nécessaire pour que ta mère et ta tante deviennent les belles personnes qu’elles sont aujourd’hui, je pensais pouvoir passer aux autres le flambeau de la lutte.

Mais te voilà, et tout est bousculé !  Plus question de laisser tomber, il y a un autre monde possible que celui de la barbarie, de l’égoïsme et de la haine. Malgré l’âpreté du combat, je me dois de poursuivre le travail engagé depuis plus de quarante ans. Je te le dois, Anouk ma jolie.

Je veux te voir sourire, je veux te voir heureuse… Je sais que tes parents vont assurer. Mais leur amour ne suffira pas. Pour toi et pour tous les autres enfants, il y a encore besoin que tout le monde se mobilise. Y compris les papys.