13.3.11

Ouverture de la chasse !

Ça y est : la chasse est ouverte ! Non, les chasseurs n'ont pas encore le droit de tirer sur tout ce qui bouge. Il faut faire les choses dans l'ordre !
D'abord, début mars, on autorise la chasse aux sangliers. C'est vrai que leur surpopulation cause de réels dégâts aux agricultures et même dans les villes. Qui n'a pas été choqué de voir un sanglier patauger dans l'eau de shampooing d'un salon de coiffure cette semaine ? Ces bêtes là n'ont même plus peur de l'homme. Elles viennent le provoquer jusque chez lui. Mais il fallait attendre patiemment la fin de l'hiver, qu'ils sortent de leurs terriers protecteurs.

Puis, depuis ce week-end, la chasse est ouverte aux pauvres ! On peut enfin reprendre les expulsions locatives, cettre pratique barbare qui jette à la rue les plus démunis d'entre nous, sans souci des enfants, sans prendre de gants.
Une partie des ces pauvres parmi les pauvres fera le chemin inverse des sangliers, car c'est dans la forêt qu'on en trouve de plus en plus souvent, à se fabriquer des abris de fortune de bric et de broc, juste pour se donner l'impression d'avoir quelque chose sur la tête.
Les plus veinards trouveront des services sociaux efficaces, qui les relogeront dans des hôtels au prix exorbitants. Car la pauvreté rapporte aussi beaucoup d'argent aux charognards qui s'accomodent si bien de la détresse. La solidarité nationale paiera la facture, bien plus cher que ce qu'arait coûté le maintien dans les appartements de ces familles fragiles.
Ce qu'on refuserait pour des animaux, on le conçoit pour des êtres humains !
Tous les jours, on passe devant des tentes où survivent des familles, en pleine rue, le long du périphérique, sous les ponts ou dans les bois autour de nos villes... Certains s'entassent dans des bidonvilles ignobles, pour tenter de s'organiser un semblant de vie sociale.
Cette gangrène porte un nom, encore et toujours le même fléau qui détruit tout ce qui fait que l'on soit Homme : le capitalisme ! celui porté aux nues par les amis de Sarkozy ou de Le Pen, les deux facettes d'une même et hideuse idéologie.

Pourquoi, alors que ces mesures coûtent encore plus cher que le paiement des loyers, maintenir ce système moyen-âgeux ?
Car il permet d'entretenir le climat de peur qui, lui-même, autorise les vampires de l'immobilier à pratiquer des loyers insolents. La hantise de se retrouver dehors, avec sa famille désemparée, fait taire la révolte et se résigner à payer, payer et encore payer.

Et l'on voudrait que je trouve cela normal ? Que je considère que les seuls responsables sont les personnes, incapables de payer en temps et en heure des loyers insupportables ? Parmi ces familles à la rue, certaines ont un emploi, mais si peu et si mal payé que lorsqu'il faut choisir entre les courses pour nourir la famille et le loyer, le choix est vite fait... A part les charognards et leurs complices, bien nourris et étrangements silencieux sur cette honte, qui songerait à le leur reprocher ?

Ce qu'il faut, c'est inverser le sens des valeurs : mettre l'homme au coeur des préoccupations de la société et plus le remplissage des comptes en banquesde propriétaires, petits ou gros !
Ce qu'il faut, c'est refuser ce monde là !
Ce qu'il faut, c'est recenser le plus possible des expulsions prévues, pour les empêcher !
Ce qu'il faut, c'est s'unir sur la question du droit au logement décent pour tous !
Et, puisque nous sommes à quelques jours d'une élection locale, qui aura forcément un retentissement national, c'est battre à plate couture ceux qui représentent cet ordre établi dont les sociétés n'ont pas besoin.
Certains candidats aux cantonales, c'est mon cas, ont des propositions très claires sur le sujet. Ils méritent d'être soutenus.

3.3.11

L'obésité de la pensée !

Un des axes majeurs de la campagne que je mène actuellement est la lutte contre le populisme. Chaque jour confirme cette impérieuse nécessité !
Alors que sont annoncés ds profits records, que les dividendes des actionnaires flambent comme jamais, les sarkozystes prônent la suppression de l'Impôt sur la fortune... Alors que le pouvoir d'achat est rabougri pour la majorité des gens, J-C. Trichet prétend qu'augmenter les salaires serait la pire bêtise à faire...
Le populisme nous inocule chaque jour sa dose de poncifs, du style "c'est eux qui nous donnent du travail", comme si les actionnaires et les gros patrons ne s'engraissaient pas, justement, du travail des autres, tels des tiques avides du sang des chiens dociles. Tout ça au nom du "mérite" qu'auraient ces élites, qui travaillent, eux !
Les mêmes, qui se découvrent subitement défenseurs de la "valeur travail" mettent en place un système de transmission de patrimoine qui vise à exonérer les gros héritiers du seul besoin de travailler ! Pour faire avaler sa sauce périmée, ils prétextent des familles modestes qui ont économisé toute une vie pour acheter leur pavillon de banlieue, alors que des mesures pour ces personnes existent depuis belle lurette. Mais le président des riches en veut encore plus pour son clan !
Autre exemple. Les révolutions dans le monde arabe bouleversent l'ordre mondial. Au lieu de féliciter les peuples qui retrouvent le courage de jeter les dictateurs, complices de leur exploitation éhontée par un capitalisme aveugle, sarkozy en personne clame sa crainte d'une immigration massive et, CQFD, de l'insécurité qui en résultera à coup sûr !
Et, au cas où nous serions complètement crétins, il en rajoute sur les "racines chrétienne" qu'il faudrait retrouver face à la dangereuse montée de l'Islam... Pour la droite, il devient urgentissime d'organiser un grand débat sur la question...
Je n'ai pas souvenir que, malgré des millions de gens dans la rue, il ait été proposé un grand débat sur les retraites, sur la santé, sur le dépouillement de l'Ecole, sur la répartition des bénéfices des entreprises, sur le droit au logement... J'en passe...

Flatter les instincts les plus primaires, opposer les gens entre eux, mettre des fauxs problèmes sur les réalités pour empêcher d'ouvrir les yeux et d'oser exprimer des exigences de changement... Voilà le populisme à la manoeuvre. Et tout cela se retrouve parfaitement dans des camps politiques bien identifiés : l'UMP et le FN, les deux faces d'une même pièce ! Ce qui me semble plus dramatique pour la sérénité du débat citoyen, c'est que d'autres, dans le camp de la gauche, se lancent dans cette course aux idées toutes faites et se vautrent dans la fange populiste. L'un pour développer des thèses sécuritaires, l'autre pour rester muets devant la détresse des sans papiers, quand ce n'est pas renvoyer dos à dos toute la classe politique... Là aussi j'en passe...

Il est urgent d'arrêter le fast-food de la pensée (vite avalé, vite digéré !), car nos cerveaux prennent du ventre et ne seront bientôt plus assez souples et rapides pour réflechir... L'obésité de la pensée citoyenne nous guette !
Prenons le temps de chercher à comprendre ce qui se cache derrière un discours, ce que signifient les actes de tel ou tel, la manipulation dans un reportage d'apparence anodie.
Bien sûr, c'est plus difficle, mais a-t-on vraiment le choix ?
Pour ma part, j'en ai ras-le-bol d'être pris pour un blaireau par les médias et l'idéologie dominante !
Pas vous ?

16.2.11

La page Heuclin (suite et j'espère fin !)

J'aime la polémique, c'est sûr. Mais je voudrais ici en terminer une : la page Heuclin !
Dans ma déclaration de candidature aux cantonales de mars, sur deux pages bien fournies en argumentaires, seules trois lignes font polémique : celles où il est question de tourner la page Heuclin.
Je m'explique.
Tout le monde sait qu'avec Jacques Heuclin, nos relations étaient tumultueuses. Combien de coups tordus a-t-il fait ? Combien de fois m'a-t-il menacé de retirer ma délégation ? Combien de fois m'a-t-il convoqué ? Et pourtant nous nous respections mutuellement. Autant je l'ai vu humilier ses propres collègues socialistes, autant avec moi les débats étaient rudes, mais sans équivoque.
Je ne ferai pas le détail ici des reproches que je peux lui faire. Je préfère garder le souvenir de l'élu qui a accompagné le dynamisme de sa ville et des coups de coeurs surprenants dont il était parfois capable (par exemple offrir son écharpe de maire à la première des sans papiers parrainée) et oublier le climat sulfureux des affaires qui polluaient la vie politique locale.
A l'approche des précédentes municipales, j'avais clairement dit que je ne l'accompagnerai pas dans un second mandat, tant ses méthodes m'insupportaient. Deux mois avant son décès, j'avais dit à Monique Delessard que je la suivrais, elle, si elle conduisait la liste. Elle peut en témoigner.
Je ne confond pas le père et la fille.
Delphine est une femme que j'apprécie et avec qui je partage beaucoup de valeurs. Dans le cas qui nous occupe, j'ai effectivement une grosse amertume que son entourage réussisse à nous opposer. Pourquoi dans la presque totalité des cantons du département le Front de gauche a-t-il pu s'organsier et pas chez nous, alors que je tente de l'imposer depuis si longtemps (voir l'épisode du printemps de l'année dernière, où j'avais carrément proposé de baptiser notre groupe d'élus communsites et républicains : "groupe des élus du Front de gauche") ? Le 17 septembre très précisément, donc bien avant qu'elle perde sa délégation d'adjointe au maire, et deux mois avant sa démission du PS, nous lui avons proposé de faire candidature commune, justement sur nos valeurs partagées. Les porte-parole du PG ont refusé tout net, argumentant que le nom d'Heuclin, etc.
Or, je ne peux pas cautionner l'idée que l'on aille au tribunal pour faire annuler (à juste titre) le mariage d'un mort, pour ensuite quasi-présenter ce même mort aux élections. Ce que je reproche au PG, ce n'est pas son programme, c'est la stratégie qui, à mon avis, est d'un autre âge. Delphine vaut mieux que cela. Et Pontault-Combault aussi. Raison pour laquelle, il faut tourner cette page de notre histoire locale.
Et là, je souhaite mettre fin à cette polémique stérile qui fait s'opposer deux camps qui ont tant en commun.
Car il ne faudrait pas perdre de vue que notre réel ennemi commun, c'est Sarkozy et sa politique désatreuse pour les Français. Dans ces élections, l'UMP tentera de faire oublier les enjeux nationaux au prétexte des "réalités locales". Il nous faudra collectivement lui envoyer un message très net : dehors !
Et face au capitalisme, représenté chez nous par Monique Hauer, il ne suffira pas de la social-démocratie qui ne propose au mieux qu'un capitalisme moralisé, revisité, voire coopératif... De qui se moque-t-on ?
En clair, j'espère que le 20 mars les voix se porteront nombreuses et sur le nom de Delphine Heuclin et encore plus (évidemment !) sur celui d'Antoine Blocier, car l'addition des deux pourrait changer la donne pour notre ville et augurer de choses prometteuses pour l'avenir.

Soyons, les uns et les autres,
effrontément de gauche !

30.1.11

L'exemple viendrait-il de Tunis ?

Il n'est pire sourd que celui qui ne veut rien entendre...
Depuis des décennies, le PCF ou l'Humanité dénonçaient la dictature de Ben Ali, alertaient sur les droits de l'homme, sur la surexploitation de cette réserve de main d'oeuvre bon marché, etc, etc. Mais nous prêchions dans le désert ! Car tout, je dis bien TOUS, faisaient mine de ne rien (sa)voir.
Ils y sont tous allés, la droite bien sûr, mais aussi le PS qui n'avait de mots plus élogieux sur le régime au prétexte un peu tordu qu'en Tunisie, au moins, l'islamisme ne menaçait pas. Delanoé y passe toutes ses vacances (l'excuse d'y être né empêche-t-elle le regard critique sur un régime ?) Il n'y a pas deux ans, Strauss-Khan vantait les mérites de l'économie tunisienne... Sarkozy racontait les progrès réalisés dans la démocratie tunisienne... La presse n'avait d'yeux que pour le boum économique de ce tout petit El Dorado pour capitalistes avisés...

Or, un beau jour de janvier 2011, les Tunisiens se révoltent, ils en ont marre de vivre dans la terreur, du chômage, de la famine et de l'absence de perspectives d'avenir.
Et là, comme soudainement éblouis, il réalisent tous, je redis bien TOUS que Ben Ali était le bourreau de son peuple. Ce qui m'a fait le plus rire jaune, c'est la bande-annonce de l'émission "Envoyé spécial" titrant sur la dictature tunisienne... Une révélation !
La Tunise a été instrumentalisée au profit de la famille Ben Ali et des actionnaires des entreprises européennes. L'uniforme de l'armée du colonialisme économique portait le costume cravate et le quartier général se situait à la Bourse, mais cela reste du colonialisme...

Un peuple se libère... D'autres ont l'air de vouloir aussi leur part de liberté... Mais nous, petits Français bien au chaud, la tête dans l'édredon du prêt à penser, faisions comme si... nous étions des dizaines de milliers à profiter du tourisme bon marché à force de sous payer les Tunisiens... Aujourd'hui tout le monde se réveille, c'est pitoyable. Que n'avez-vous lu l'Humanité ces trente dernières années ? Que n'avez-vous écouté les militants du PCF qui exigeaient tant et plus pour la libération des prisonniers politiques,(à commencer par le journaliste Taoufk Ben Brick) ?

La Tunisie devrait servir d'exemple à plus d'un titre :
1 - il faut toujours se méfier de la presse et garder le recul nécessaire pour "comprendre" les informations diffusées.
2 - il y a des gens (partis, organisations, citoyens...) qui se battent pour des causes justes. Il faut savoir leur prêter l'oreille.
3 -Le peuple peut toujours et à tout moment se libérer du joug de l'oppresseur.
4 - ce qui est valable en Tunisie l'est aussi en France.