19.9.13

Stockholm... Version Hollande !



On parle du syndrome de Stockholm lorsque des otages finissent par développer une certaine sympathie, voire une sincère compréhension, avec leurs ravisseurs.
Et c’est bien ce qui arrive au gouvernement français dans son ensemble et au Président Hollande en particulier.
Voici des gens qui pourfendaient les méfaits du capitalisme : argent-roi, repli sur soi, pillage des richesses naturelles, exploitation éhontée des salariés, guerres, inégalités, concurrence entre les peuples, mal logement, chômage…
Mais voilà… A fréquenter de si près et depuis si longtemps les porte-parole du capitalisme, ils ne souhaitent même plus l’éradiquer, mais seulement l’humaniser (sic).
Pire, ils lui trouvent aujourd’hui toutes les excuses, reportent leur rage sur les peuples les plus fragiles, déclarent la mise à mort de la Grèce, subventionnent grassement les patrons et ponctionnent lourdement les petites gens, obéissent au doigt et à l’œil du MEDEF mais n’écoutent pas les gens dans la rue…
Ils bavent devant les grands patrons, mais crachent sur ceux qui défendent leurs droits.
Désormais, pour eux, la seule alternative c’est encore plus de capitalisme. Or, même repeint en rose, le capitalisme n’est pas la solution, c’est le problème.
Et les voici, aujourd’hui, à la tête de l’Etat, à renier une par une les promesses qui les ont amenés au pouvoir. La retraite, la santé, l’emploi, la pression fiscale, l’environnement… Rien ne résiste à leur rouleau compresseur. Pas sûr que Sarkozy aurait fait mieux.
Le grand capital peut dormir sur ses deux oreilles.
Et comme il le fait depuis que le monde est monde, il nous enfume avec des boucs émissaires : des pays indignes (Grèce, Espagne, Portugal…), des peuples nuisibles (hier les Juifs, aujourd’hui les Roms), des politiciens corrompus et/ou immoraux (DSK, Cahuzac), des magouilleurs de haute volée (Madoff aux USA, Kerviel chez nous).

Le Capital prend tout le monde en otage. Ce serait un grand malheur si nous succombions tous au syndrome de Stockholm. Heureusement, comme aux plus sombres heures de l’histoire, il y en a qui résistent et s’organisent. 

5.9.13

Lettre à Anouk.


Que tu es jolie.
Sur cette photo, tu n’as pas une heure et déjà tu nous regardes droit dans les yeux, l’air de demander : quel monde m’avez-vous préparé ?
Je pourrais lâchement profiter de ta provisoire naïveté pour te dire que c’est formidable ; que dès ta sortie de la maternité, tu pourras apprécier la qualité de la ville préservée de toute pollution ; qu’il n’y aura aucun mendiant au premier carrefour venu ; que ta place en crèche est réservée car la société se préoccupe du bien être de tous ; qu’à l’école ce sera merveilleux d’apprendre de belles choses, dans des classes à taille humaine et avec des enseignants bien préparés ; que le racisme est éradiqué ; que la guerre est impossible ; que tout le monde a les moyens de vivre décemment, car les richesses sont équitablement réparties…
Mais bon, tes parents te confirmeront que je suis meilleur pour les romans réalistes que pour les contes de fées. Même si j’y crois encore et toujours.

Après des années et des années passées à militer pour l’édification d’un monde plus juste, je pensais être légitimement en droit de prendre un peu le large… Avec la satisfaction d’avoir fait le nécessaire pour que ta mère et ta tante deviennent les belles personnes qu’elles sont aujourd’hui, je pensais pouvoir passer aux autres le flambeau de la lutte.

Mais te voilà, et tout est bousculé !  Plus question de laisser tomber, il y a un autre monde possible que celui de la barbarie, de l’égoïsme et de la haine. Malgré l’âpreté du combat, je me dois de poursuivre le travail engagé depuis plus de quarante ans. Je te le dois, Anouk ma jolie.

Je veux te voir sourire, je veux te voir heureuse… Je sais que tes parents vont assurer. Mais leur amour ne suffira pas. Pour toi et pour tous les autres enfants, il y a encore besoin que tout le monde se mobilise. Y compris les papys.

8.6.13

Les idées d'extrême droite ont encore tué !



Clément Méric avait 19 ans.
Il est mort, roué de coups par un groupe de fascistes.
Si les coupables directs sont, certes, des individus qui devront répondre de leurs actes, en réalité, à notre niveau, nous sommes tous responsables de ce drame.
Tous ?
Eh bien oui : tous !
Je commencerais par les médias, évidemment, qui passent un temps considérable à dédiaboliser le Front National et rendre banales et anodines leurs idées d’exclusion et de haine. Comme si toutes les idées se valaient !
Ensuite, il y a les politiciens.
Ceux de Droite qui font mine de s’offusquer qu’on les associe au FN, et pourtant… qui instille les thèses les plus réactionnaires : anti mariage gay, islamophobes, anti pauvres, xénophobes ? Qui a créé un ministère de l’identité nationale ? Qui s’acharne contre le droit à l’avortement ? Qui revendique le retour de la peine de mort ? FN et UMP n’ont pas la même carte dans la poche, mais ils sont bel et bien les deux faces d’une même idée.
Ceux du Parti Socialiste. Pour avoir instrumentalisé le FN déjà du temps de Mitterrand (après des années de dénégations, les artisans de cette mise en avant de l’extrême droite l’avouent enfin !). Le PS qui semblent avoir réalisé de troublantes tractations dans le Vaucluse, laissant élire la petite Le Pen contre un siège de député PS ailleurs.
Et aujourd’hui, voir Manuel Valls pérorer au journal de 20 h que l’extrême droite est dangereuse, quand on sait comment il traite les Roms, les gens du voyage, les pauvres et les syndicalistes… Ses propos font le lit de tarés assassins qui, au bout d’un moment, croient que l’exclusion est un mode de pensée « normal ». 
Parfois même, ce sont les habitants des villes voisines que l’on considère comme des envahisseurs à refouler aux frontières du territoire local.
J’en ai tout autant au service de mes amis, et de moi-même parfois, de laisser dire dans les repas de familles, les pires débilités sur les races, sur les différences, sur la « morale », sur les fonctionnaires… au nom de je ne sais quelle « liberté d’expression », ou encore que « il n’y a pas de fumée sans feu », ou encore « ce peuple est ceci, cette catégorie sociale est cela », ou encore « laisse-le dire, c’est un con »… Ou encore, qui n’a pas reçu via Internet ce genre de stupidités sans réagir ?.. N’empêche, tout ça se dit, s’écrit, se pense. Et conduit parfois à la mort.

Car la violence des gens d’extrême droite est toujours tournée contre des êtres humains, parce qu’ils sont différents : juifs, arabes, noirs, homosexuels, roms, communistes, etc. Jamais contre le système et ses symboles. Le Capital sait bien diviser pour régner. Et ça durera tant qu'il y aura des médias et des politiciens collabos.
Les stratégies politiques qui valident les thèses d’exclusion, tout comme nos petites lâchetés quotidiennes, conduisent à ne plus 
« faire société » et à légitimer le chacun pour soi, le repli et l’exclusion. 
Relisons « Matin brun » un tout petit bouquin qui montre comment d’une lâcheté à un renoncement, on en arrive à la mort d’un jeune type.
Il est grand temps que l’on se reprenne collectivement. Que l’on surveille notre langage, que l’on surveille le langage des autres, que nos attitudes soient conformes aux valeurs humaines que nous sommes censés défendre.


26.5.13

Victimes de la mode !

Le monde ne tourne pas rond.
Ici, dans notre occident auquel nous sommes si fiers d'appartenir, être victime de la mode (écrire plutôt fashion victime pour être dans le coup), c'est dépenser sans compter pour ce qui est de plus neuf, de plus tendance, de plus à la mode...
Et il n'y a pas que chez les bourgeoises bon chic bon genre que la maladie fait rage. Chez les petits aussi on traque l'article nouveau, le tee-shirt qui saura nous mettre en valeur, le pantalon bien coupé ou le polo qu'il faut à tous prix porter cet été.

Après avoir détruit totalement notre industrie textile, les grands propriétaires des filatures et les marchands de vêtements sont toujours là, eux, et vendent encore et encore. Ils courent le monde à la recherche des coûts de production le plus bas possible.
Le Bangladesh est devenu le deuxième pays exportateur de textile, juste derrière la Chine et son milliard et demi d'habitants. Les gens y sont exploités comme on n'imagine pas, des journées de 10 à 14 heures de travail, six jours sur sept minimum, le tout pour des salaires de misère qui ne leur permettent pas de vivre décemment de leur labeur. de leur esclavage ?
Comble du cynisme, les immeubles sont édifiés en dehors de toutes normes de sécurité et parfois s'écroulent. plus de 1.200 morts dans l'effondrement du Rana Plazza, près de Dakha. Et je n'évoque pas la pollution due aux produits chimiques déversés après usage dans les ateliers du cuir, et des nombreuses maladies graves qu'ils entraînent... Je ne parle pas non plus des compresseurs haute densité qui vieillissent nos jean artificiellement, tout en perforant les poumons des pauvres gars qui respirent et avalent en permanence des particules abrasives.
On rogne sur tout : la sécurité, l'hygiène, les salaires... Pas sur les dividendes.
La mode à petit prix coûte cher en vies humaines et nous avons tous un peu de ce sang sur nos vêtements. Et pas seulement ceux de Monoprix, Carrefour, Leclerc et autres enseignes à coûts relativement abordables... Car H et M, Benetton, Zara, et consors font sortir leurs collections de ces ateliers de la honte. Pendant ce temps, leurs cours de bourses sautent au plafond.
C'est aussi ça le capitalisme.
Il y a quelques années, un scandale sur la fabrication de ballons de foot d'une grande marque "respectable", mais usinés par des enfants, avait contraint à créer un label favorisant l'achat éthique. Les marques signataires s'interdisaient, notamment, d'utiliser des enfants pour fabriquer ballons et chaussures...
Après le drame de ces dernières semaines, les marques incriminées, celles qu'on appelle les "donneurs d'ordres", rejettent la responsabilité sur les intermédiaires et les entreprises sur place... Entendez ça, les amis : ces gros businessmen ne seraient pas au courant ! Pourtant, eux, si prompts à afficher des comptes d'exploitation, à expliquer pourquoi la baisse du coût du travail ici servirait l'économie nationale... Bref, des experts, ne se seraient jamais étonné de trouver sur le marché des vêtements à 3 euros pièces, livrés en France ?!!!

Refusons les bonus incroyables que s'octroient les actionnaires, afin de pouvoir accepter de payer convenablement le prix du travail des autres.
C'est vraiment une autre façon de penser le monde et la place des hommes dans la société qu'il faut réinventer.
Pour qu'il n'y ait plus d'autres victimes de la mode.
Des victimes dont la chair et le sang nous éclabousseront pour longtemps si l'on continue de laisser faire le "marché".